Créant des petites intensités qui émergent du flot continu d’évènements et d’images qui nous entoure, Charlotte Seidel prend comme matériau le réel de la vie, un quotidien parfois banal, des histoires communes, dont elle isole des éléments connus mais auxquels on ne fait pas forcément attention. Modifiant un peu (à peine) la réalité, elle propose de déplacer le regard et interroge notre perception, notre manière d’appréhender le monde. 

Evoquant souvent l’absence, ses œuvres suggèrent la chaleur des souvenirs et rappellent la profondeur d’un moment. Dépouillées de tout élément superflu, en particulier en rapport avec sa propre histoire, elles tendent à une abstraction qui en fait des dispositifs ouverts que chacun peut investir. L’artiste ne cherche en effet pas tant à transmettre son propre ressenti  – dont une trace peut transparaitre dans le titre – qu’à susciter l’imagination du spectateur. Souvent discrètes et subtiles, les œuvres jouent sur des interstices, ménagent des espaces qui sont des lieux propices au déploiement de la pensée et des possibles. 

Invitant à porter sur notre environnement un regard plus attentif, la pratique de Charlotte Seidel compose, pièce après pièce, quelque chose que l’on pourrait qualifier de poétique du quotidien. 

Isaline Vuille

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