Entretien par Jing-shi WU pour Le Bourdon

Charlotte Seidel est née en 1981 à Hambourg, en Allemagne. Elle vit et travaille à Paris. En 2007 elle a terminé ses études d’Art à la Bauhaus-Universität Weimar. Expositions récentes : « Jeune Création » , du 30/10/14 au 02/11/14 au 104 (Paris). — Expositions personnelles : « Trois Fois Rien », Nuit Blanche, Fondation Calouste Gulbenkian, invitée par Antonio Contador (Paris, 2014), « I am so sorry to miss you », ribordy contemporary (Genève, 2012), « jalousie », Milkshake Agency , proposée par Isaline Vuille (Genève, 2012).

Cet entretien s’est déroulé à Paris en octobre 2014Par Jing-shi WU

JING-SHI WU : On remarque une grande sensibilité dans vos œuvres. Elles sont très poétiques, délicates et touchantes, pourriez-vous nous parler de votre travail ?

CHARLOTTE SEIDEL : Je vous remercie. Je dirais qu’en général, mon travail est plutôt silencieux. Ce ne sont pas des œuvres qui crient aux gens, mais qui leur parlent – j’espère. Je travaille sur la notion d’absence, d’invisible. J’essaie de ne pas trop guider la pensée des spectateurs. C’est pour cette raison que les textes qui accompagnent les œuvres sont difficiles à rédiger. Je préfère ne pas trop expliquer pour laisser plus de liberté aux visiteurs et éviter qu’ils lisent un texte et repartent sans avoir aucune interaction avec les œuvres. Je donne juste quelques points de repère.

J.W. : Quand vous créez vos œuvres, vous avez d’abord une idée ou un objet d’inspiration ?

C.S. : Les deux. Parfois c’est juste un sentiment. J’essaie de recréer certaines situations, d’écrire une histoire autour d’un objet que j’ai trouvé, ou de mettre en avant des curiosités du quotidien.

J.W. : Dans votre travail, on peut apercevoir une vaste utilisation d’objets quotidiens. Par exemple vous avez utilisé deux verres liés par une petite goutte d’eau dans votre vidéo Nothing ever happened, exposée pendant la Nuit Blanche. Pourriez-vous nous parler de ce travail ?

C.S. : Au début ces deux verres étaient destinés à un autre travail, mais quand je les ai ressorties en faisant des essais avec la tension de l’eau, ils étaient parfaits. Dans la vidéo, on peut donc voir la goutte d’eau qui crée une sorte de pont et qui, à un certain moment, lâche et s’écoule le long d’un des verres. L’image filmée a l’air statique, mais il y a plein de choses qui se passent, il y a des reflets, des variations de lumière. Ce sont des changements tellement petits qu’ils ne vont pas bouleverser le monde. C’est pourquoi j’aime le mot nothing dans ce contexte.

Donner un titre n’est jamais facile. Le titre est comme un texte sur une oeuvre, il l’explique d’une certaine façon ; si elle avait un autre titre, cela changerait le sens. Il y a aussi le choix de la langue qui joue un rôle : allemand, français, anglais ? Cela dépend du visiteur, du contenu et du contexte. Par exemple pendant ma résidence au Pavillon je donnais des titres en anglais. Nous étions un groupe d’artistes de nationalités différentes et l’anglais était notre langue.

Dans le cas de Nothing ever happened, le titre m’est tombé dessus en travaillant sur la vidéo. En général, c’est rare que j’aie un titre avant l’oeuvre, mais il y a des titres que je ‘collectionne’, pour lesquels il n’y a pas encore d’objet. Cela peut être des expressions, des passages de livres ou de paroles de chansons que j’aime bien.

J.W. : Ça me rappelle une oeuvre, une série d’adaptateurs, Whereever. Votre inspiration vient de vos expériences de voyages et d’expériences du travail avec les artistes étrangers ?

C.S. : Oui. Nous étions une dizaine d’artistes en résidence. Nous avons beaucoup voyagé. Pour notre exposition finale, j’avais l’idée de travailler avec des adaptateurs de voyage, ce petit bout en plastique qui permet aux gens de s’adapter à chaque pays. D’où le titre Whereever. Il y a toute une rangée de ces embouts enfichés l’un dans l’autre, connectée au circuit électrique de l’exposition … faisant ‘voyager’ le courant.

J.W. : Dans votre oeuvre « I am so sorry to miss you »¸ on voit un collage de fragments de photo, comme des tranches de mémoire. Vouliez-vous montrer le souvenir d’une personne à travers sa propre mémoire ? Y a-t-il un jeu de mots dans le titre ?

C.S. : Dans « I am so sorry to miss you » une image a été fragmentée et réagencée. Vue de près, on aperçoit des structures, des parties de corps, des tensions. Vus de loin les fragments forment une sorte de paysage. C’est une oeuvre présentée sous cadre, ce qui n’est pas très fréquent dans mon travail. Le cadre crée une distance entre le spectateur et l’image, en même temps la vue est réduite sur un espace proche et intime. J’aime ces ambiguïtés. Oui, le collage parle du souvenir. Parfois les souvenirs sont fragmentés, détournés…
Le titre est un jeu de mots, oui. Il est lié à un malentendu. Il a plusieurs sens : je suis désolée que tu me manques ou bien je suis désolée de t’avoir manqué.

J.W. : J’ai observé dans votre travail que le quotidien a une place très importante. Comment arrivez-vous à distinguer votre vie privée et votre processus de création ?

C.S. : C’est très proche. J’aime marcher, observer, aller au cinéma, aller voir des expositions, tout cela m’aide à réfléchir. Mais en principe les idées viennent naturellement. Je travaille à la maison, donc je suis entourée de ‘mon quotidien’. On a des idées dans des situations très banales, par exemple sous la douche pour la vidéo illusions sur cour. J’ai filmé la mousse qui glisse le long des carreaux bleu ciel.

J.W. : Selon les différentes œuvres, on peut percevoir de l’humour et de la mélancolie dans votre travail qui notent des moments du quotidien, est-ce que créer pour vous est une manière de tenir un journal ?

C.S. : Non, je n’ai jamais pensé de cette façon. Derrière certaines œuvres se cachent des histoires personnelles, mais pas systématiquement. Ces histoires sont à moi, je n’en parle pas forcément. Pour moi, elles n’ont souvent aucune importance pour le spectateur. Ce qu’il y a à voir sont des indices qui peuvent déclencher des histoires propres à chacun.

J.W. : Vous avez mis un petit texte pour votre oeuvre … Eure Charlotte, dans laquelle vous avez embrassé la statue de Goethe et Schiller à Weimar, est-ce que pour vous, cette oeuvre a un sens plus spécial que les autres ?

C.S. : À ce moment-là, je venais de finir mes études et j’allais quitter Weimar. Je voulais dire au revoir et merci à ces deux personnages qui ont insufflés tellement de vie et d’histoire à cette petite ville. J’ai noté quelques impressions de ce moment, de mon sentiment en escaladant l’échelle qui me menait à la statue. C’est Florence Ostende qui a écrit un très bel article sur cette ‘rencontre’, trouvant rare que les artistes remercient des personnages qui leur ont rapportés certaines choses dans leur vie. Par contre, pour le titre de ce travail, je n’ai jamais pu le traduire. Eure Charlotte, c’est ce qu’on met à la fin d’une lettre. Comme on dirait, « Bien à vous » ou « Cordialement, Charlotte », mais le sens en allemand est plutôt : Votre Charlotte. D’ailleurs, Goethe et Schiller ont tous les deux eu une Charlotte dans leur vie. L’épouse de Schiller s’appelait Charlotte, et Charlotte von Stein, était une femme très proche de Goethe. Je me suis donc donnée l’autorisation de faire ce geste.

J.W. : On peut apercevoir une grande diversité de support dans votre travail. Vous avez utilisé le livre, les photos, les verres, la statue, même une flaque d’eau, pour vous servir de narrateur de la vie quotidienne. À part l’image et le son, avez-vous pensé à utiliser d’autres sens comme l’odorat ou bien d’autres sensations pour provoquer la mémoire ?

C.S. : Oui, j’ai déjà essayé. Pour mon diplôme de fin d’études, j’ai fait tout un projet autour d’un sentiment, et j’ai aussi fait des œuvres avec l’odeur. Je trouve l’odeur très intéressante, j’aime bien les choses invisibles… Une des œuvres s’appelle par exemple Pluie d’été sur asphalte. Elle parle de l’odeur qui apparaît à un moment précis de l’été. C’est quand il a fait très chaud et il n’a pas plu depuis longtemps – puis, un jour, il pleut sur les rues chauffées par le soleil. Cette odeur a même un nom : petrichor. Tout le monde a cette odeur en tête et des souvenirs qui y sont liés. Quant à la réalisation, c’était un pot avec de l’asphalte et de l’eau qui gouttait dessus. Selon différentes versions, il est chauffé par-dessus ou par-dessous. L’odeur n’est pas réellement dégagée, mais je trouve que les mots du titre suffissent presque pour évoquer les images.

J.W. : Vous n’avez pas essayé avec la terre ?

C.S. : Non, la terre pour moi est encore autre chose. Ma mère vient du sud de la France, d’une région où il y a beaucoup d’arbres de pin. Dans cette forêt il y a une odeur très forte de résine, j’ai fait aussi une oeuvre lors de mon diplôme qui dégageait cette odeur.

J.W. : Est-ce que vous pensez à reproduire des œuvres d’odeur ?

C.S. : Oui, mais c’est difficile. Je trouve que les odeurs artificielles sont bizarres, les parfums aussi, c’est pour cela que j’essayais de travailler directement avec les matériaux qui dégagent l’odeur. Ce n’est pas compliqué d‘exposer une telle oeuvre comme la forêt, mais il faudrait trouver des espaces ou recoins appropriés.

J.W. : J’ai remarqué qu’une fois, vous avez utilisé une chaise pour exprimer une sensation. Dans l’oeuvre, Joseph, une chaise dégage de la chaleur. Pour une oeuvre comme celle-ci, comment concevez-vous la réalisation ?

C.S : Joseph est une oeuvre qui part de l’idée d’éterniser, ou bien de prolonger le moment juste après le départ d’une personne. Du coup elle suit un principe, qui est la chaleur qui reste sur un siège juste après que quelqu’un se soit levé. Pour chaque exposition, j’adapte le mobilier au contexte. Du coup ça peut être une chaise, un canapé ou bien une banquette qui héberge Joseph.

J.W. : J’ai remarqué que pour l’exposition de Jeune Création, vous présentez des œuvres de différentes époques de votre création, est-ce que pour vous, il y a un thème spécifique ?

C.S. : Oui, le temps. On le trouve tout au long de mon travail. Pour Jeune Création je vais montrer trois œuvres qui sont liées au temps qui change, mais qui sont très différentes de l’une à l’autre : un livre, un cadre et une installation. Yesterday est un diptyque de deux photos qui se sont tachées au fil du temps, piano est une installation avec des verres en cristal auxquels j’ai attaché un petit moteur qui les fait sonner de temps en temps. « … » est un projet en cour sous forme de livre sur lequel je suis en train de travailler. Il est basé sur la publication « Histoire de l’art » de Ernst H. Gombrich qui est sorti en 1950. C’était le premier livre destiné à un large public qui raconte l’histoire de l’art, il a été traduit dans beaucoup de langues et complété et réédité au cours des années. Des chapitres ont été rajoutés, il est devenu de plus en plus gros. Ce qui m’intéresse est son évolution dès la première version en 1950 jusqu’à la seizième, la dernière. Comment ce livre a-t-il changé pendant tout ce temps ? Du coup j’ai commencé à comparer ces deux versions et à marquer les différences. J’ai tout un système pour noter mes trouvailles, avec lesquelles j’ai donc réalisé un nouveau livre. Par exemple je reprends les mots qui ont disparu et je les écris en gris. Les passages qui ont été rajoutés sont noir et gras. En fait, il y a pas mal de choses qui ont changé, surtout des virgules. Il y a aussi des expressions qui aujourd’hui ne sont plus politiquement correctes et qui ont été corrigées. Ou bien des mots comme radio, qui ont été remplacés par télévision, ou par internet. Il y a eu certaines évolutions dans le temps, et c’est cela qui m’intéresse. J’ai commencé en 2012, et je n’ai pas encore fini. C’est beaucoup de travail mais c’est un bon travail à faire pendant l’hiver.

J.W. : Comment appréciez-vous le regard du public sur votre travail ? Qu’est-ce que vous attendez des spectateurs ?

C.S. : Ce n’est pas que j’attends quelque chose de spécial, mais je l’apprécie. Le spectateur est important, car c’est avec lui que l’oeuvre prend vie. Moi, ce que j’aime beaucoup, c’est quand ils me racontent leurs histoires, les liens qu’ils ont créés avec l’oeuvre. On ne peut pas attendre du spectateur qu’il aime et qu’il comprenne ce qui est exposé. Il y en a certains qui en parlent peut-être avec leurs proches ; leurs histoires leur appartiennent.
En lui parlant de l’installation piano un ami m’a raconté que ça lui rappelait ses visites chez une tante qui avait une table avec pleins de verres dessus. Parfois il y avait des petits tremblements ou bien des camions qui passaient dans la rue et qui faisaient tout sonner. Une histoire comme celle-ci est exactement ce que j’aime bien et ce que je veux. Réveiller des souvenirs…

J.W. : On peut percevoir une dualité dans votre travail Somewhere in the crowd there’s you, vous mentionnez le tapis rouge et le projecteur à la recherche. Est-ce que c’est une métaphore pour montrer la nuance entre les différents usages d’un projecteur qui peut servir à la fois à mettre en lumière une célébrité et un criminel en fuite ?

C.S. : Oui, bien sûr. La première fois que j’ai présentée cette oeuvre ça tournait autour de ce double sens. C’était lors d’un voyage avec les résidents du Pavillon au Texas. Le monde de l’art était très bling-bling. Les gens allaient aux vernissages pour êtres vus, tout était très artificiel. Nous avons voyagé dans l’État, à Marfa avec ses lumières mystérieuses et jusqu’à la frontière mexicaine où le spot de lumière est employée encore d’une façon complètement différente. L’exposition tournait autour de toutes ces impressions.
Cette année j’ai exposé Somewhere in the crowd there’s you dans un autre contexte, pendant la Nuit Blanche à la Fondation Gulbenkian, qui se trouve dans un très bel immeuble près des Invalides. Ça montre comment une oeuvre change quand on la déplace. L’installation était beaucoup plus grande qu’au Texas. Il y avaient trois espaces d’exposition complètement vides dans lesquels le spot se promenait doucement, telle une présence fantomatique.

J.W. : Pour vous quelle est la différence entre ces deux présentations de lumière ?

C.S. : C’est complètement autre chose. C’est un autre public, un autre espace, une autre histoire. Je trouve intéressant de voir comment l’oeuvre change de sens dans les différents contextes, à chaque fois des histoires se rajoutent, cela enrichit. Présenter des œuvres dans le contexte de Jeune Création n’est pas facile, mais j’apprécie les interactions entre les œuvres, les lieux et les visiteurs. Au début j’avais pensé jouer avec ce flux des gens et le grand nombre d’exposants, mais j’ai abandonné.

J.W. : Vous travaillez en tant qu’artiste et curateur, qu’est-ce que vous pensez de ces deux rôles ? Qu’est-ce que ces deux expériences vous ont-elles apporté ?

C.S. : Je travaille par exemple pour l’exposition itinérante d’une collection. C’est une exposition qui a eu lieu plusieurs fois dans différents pays. À chaque fois elle était différente, même si ce sont toujours les mêmes vidéos. Quand on met une oeuvre à côté d’une autre, on crée une interaction entre les œuvres, un parcours. Si on les met d’une autre façon, cela changera le parcours et parfois le sens. C’est un des points que je trouve intéressant dans le rôle de curateur. Travailler avec l’espace et les histoires et liens qui se construisent entre des œuvres.

J.W. : Dans votre carrière, vous avez collaboré avec plusieurs artistes, y a-t-il un artiste en particulier avec qui vous aimeriez collaborer encore une fois ? Ou bien des artistes avec qui vous aimeriez collaborer ?

C.S. : Il y a plutôt eu des échanges que de vrais collaborations. Je pense que les échanges entre les artistes sont très importants. Il y a plusieurs artistes que j’admire, par exemple certains qui incluent la marche dans leur travail – ou bien qui évoquent chez moi des sentiments que j’aimerais bien évoquer chez d’autres …

J.W. : Quelles sont les grandes évolutions dans votre travail ?

C.S. : Je veux rester simple, d’une certaine façon, j’essaie de ne pas parler uniquement aux visiteurs de musées, par exemple. J’aime aussi travailler dans l’espace public ou dans des endroits qui ne sont pas forcément liés à l’art, de surprendre dans le quotidien. Je sais ce qui m’intéresse dans un futur proche, mais je ne calcule pas vraiment comment je travaillerais après, j’espère que c’est quelque chose qui se fera naturellement.

J.W. : Vous aviez toujours ce principe dès le début de votre carrière ?

C.S. : Oui, c’est sûrement aussi à cause de Norbert W. Hinterberger, le professeur avec qui j’ai choisi de travailler pendant la plupart de mes études. Nous avons beaucoup voyagé. Il nous donnait un sujet, accompagné de conférences, de films, de lectures et il nous lâchait pour trouver nos propres approches. On n’avait pas le temps pour faire des recherches théoriques très approfondies, c’étaient les discussions entre nous et les œuvres elles-mêmes qui étaient le plus important. Les œuvres se sont souvent faites en très peu de temps, parfois en à peine deux semaines, et sortaient directement d’une ambiance, d’un certain moment. Donc dès le début, j’ai travaillé dehors. Je suis allée plusieurs fois en Italie avec lui, on a fait des œuvres dans la nature ou implantées dans des petits villages. Cela me convenait bien, mais aujourd’hui, avec les années qui passent, j’ai peut-être un peu perdu cette liberté.

J.W. : Vous vous rappelez encore votre première création ?

C.S. : En fait, tout au début, avant mes études, j’ai fait beaucoup de dessin, ça m’a appris à voir, à regarder les choses d’une façon précise, des objets, des personnes, des situations, des moments.

J.W. : Quelles œuvres préférez-vous ? Pourquoi ?

C.S. : Une de mes œuvres préférée est Joseph, car elle m’est très proche. Mais j’aime aussi bien les verres avec la goutte d’eau. Quand j’ai fait cette vidéo, elle m’a beaucoup touchée. Peut-être parce que je l’avais pensée depuis longtemps, je ne pensais pas qu’elle allait me toucher à ce point là.

J.W. : Quel est votre futur projet ? Quelle est la thématique qui vous préoccupe en ce moment ?

C.S. : Mon thème est plutôt consistant, mais je ne pense pas vraiment qu’il y ait un ‘vrai’ thème non plus. Pour le moment, je vais continuer à relire « L’Histoire de l’Art ». Mes œuvres se font souvent avec les expositions. Mais il y a aussi des travaux que j’aimerais repenser ou y changer certains éléments.

J.W. : Jusqu’à ce moment-là, parmi toutes vos expositions, laquelle est la plus représentative et la plus expressive de votre idéal ?

C.S. : Je ne sais pas si c’est à moi de dire cela, je pense que ce sont plutôt les autres gens qui pourraient mieux juger. En plus, dans une exposition, c’est rare qu’il y ait un ensemble qui représente une démarche.

Quand j’y repense, il y a mon travail after you pour lequel j’ai alimenté un creux dans l’asphalte avec de l’eau devant la Mairie du 18e, pendant toute la durée de l’exposition. L’exposition elle-même (This & There, Fondation d’entreprise Ricard, 2012) était éparpillée dans le monde entier. Il y a aussi l’exposition INDEX OF/ en 2010 avec le Pavillon dans la friche du Palais de Tokyo. J’ai présenté trois installations in situ, avec de la lumière et du son, elles parlaient de l’histoire du lieu.

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